Culture

Le nouveau vinyle de King Gizzard pour un euro avec Diggers Factory

Petite révolution dans l’histoire du rock : pour la première fois, un groupe important propose non seulement son disque en téléchargement gratuit, mais il met aussi à disposition les bandes master et l’artwork pour que chacun édite son CD ou presse son vinyle.

« Nous ne possédons pas cet album, il est à vous ! » C’est peu dire que ces quelques mots entourant la sortie de ‘Polygondwanaland’ a excité tous les amoureux de King Gizzard & The Lizard Wizard et plus largement les aficionados du format vinyle. Sur son site officiel, le groupe fournit donc son nouvel album au format .mp3, .wav, mais surtout les masters qui permettent d’éditer un CD ou un 33 tours professionnels. Ils sont accompagnés des paroles des morceaux, des crédits et de nombreux visuels ou photos dans lesquels chacun pourra piocher pour réaliser les faces intérieures de la pochette.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision radicale. Tout d’abord, la gratitude que le groupe éprouve envers sa communauté de fans. Grandissante et dynamique, elle épie, ausculte, analyse et suit chaque mouvement de King Gizzard, prête à briser sa tire-lire pour s’offrir un vinyle collector ou une place de concert à l’autre bout du monde. Cette année, les fans ont d’ailleurs dépensé sans compter puisque ces Australiens fous ont fait le pari de sortir 5 albums en un an et qu’ils en avaient déjà publié trois avant ‘Polygondwanaland’. Dans une interview au NME, le leader Stu confirme cette intuition : « Nous avons sorti un paquet de musique cette année, on devait bien un petit cadeau aux gens pour les remercier d’avoir été si généreux. »

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Image tirée de l’artwork de ‘Polygondwanaland’.

Une cinquantaine de projets à travers le monde pour presser le disque

L’autre explication plausible, c’est que le groupe s’est pris à son propre jeu des 5 disques à sortir avant la fin décembre et qu’il veut à tout prix tenir sa promesse. Or, réaliser un vinyle prend du temps, surtout quand on sait que King Gizzard préfère commander ses pressages en Europe, où la qualité est supérieure d’après eux, puis les faire rapatrier chez eux en Australie. Il était donc beaucoup plus simple de déléguer cette opération à la communauté de fans, particulièrement portée sur ce format, afin de se concentrer rapidement sur le cinquième et dernier opus. Pour autant, si les membres de King Gizzard s’étaient contentés de proposer l’album en téléchargement gratuit, ils n’auraient été ni très originaux, d’autres l’ayant fait avant eux, ni conformes à l’esprit du collectif. Chez King Gizzard, la complicité ludique que le groupe entretien avec son public lui dictait quasiment une telle ligne de conduite, où le fan se retrouve soudain au centre de la musique.

Résultat, on dénombre une bonne cinquantaine, peut-être davantage, d’initiatives visant à presser ‘Polygondwanaland’ en vinyle, à des tarifs et dans des versions divers et variés. La plupart de ces projets proviennent de micro-labels indépendants, mais il existe aussi des plateformes participatives qui se sont lancées dans l’aventure. En France, c’est la start-up parisienne Diggers Factory qui se démarque avec ses pré-commandes à un euro, plus cinq euros de livraison. A ce prix-là, le vinyle n’est pas en 180 grammes, le format de luxe des audiophiles, mais en 140. Il n’est pas non plus en couleur, comme l’affectionnent souvent les fans, mais tout simplement noir. En revanche, impossible de trouver moins cher, la plupart des autres pressages tournant autour de 20 ou 30 dollars. A noter que les 3000 exemplaires seront numérotés et que le design de la quatrième de couverture fait l’objet d’un concours auquel tout le monde est invité à participer. Et comme il n’y a pas que le vinyle dans la vie, sachez que certains puristes ont édité de jolies K7 qui ne coûtent pas chères.

Râleur professionnel, ce en quoi il épouse parfaitement son biotope parisien, Emmanuel déteste lorsqu'un Vélib' est coincé sur la plus petite vitesse ou quand le facteur laisse un avis de passage alors qu'il était chez lui. Comme le médecin, il est généraliste, écrivant autant sur la remasterisation CD de l'intégrale de Françoise Hardy que sur la définition introuvable de la vraie bière artisanale. Fan de Javier Pastore et de Marcel Proust, il joint la beauferie à la pédanterie, ce qui lui vaut de déranger dans le microcosme des amateurs de héros malades.

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