Boire & Manger

La poutine débarque à Paris : 3 règles d’or pour la déguster

Restaurant : Poutine Paris

« Il faut ab-so-lu-ment que tu testes la poutine, j’en mangeais tout le temps lors de mon séjour à Montréal »  : votre collègue, tout content de s’y connaître en culture canadienne ne parle bien évidement pas du petit dictateur ceinture noire de karaté mais du plat national de nos amis de la belle province  du Québec : DES FRITES surmontées de sauce brune, surmontés de fromage en grain.

Manger des frites au jus de viande et fromage fondu par moins 12° à Montréal ? Ok. Mais voilà que ce plat déferle maintenant sur Paris.
Depuis deux ans, les amateurs se refilaient déjà sous leurs parkas fourrées en poil de phoque, l’adresse du Triangle, un excellent bar à bières et restaurant du 10ème, où les proprios Mayli, Jocelyn et Laurent proposent des soirées poutines qui font fureur tous les mois.

Aujourd’hui c’est carrément une adresse 100% poutine qui ouvre rue Montorgueil dans le 2ème, intitulée en toute sobriété  : « La maison de la poutine ». On y mangera donc des poutines (notamment en version « effiloché de porc », « joue de bœuf » ou « végétarienne ») accompagnées de bières au sirop d’érable d’une brasserie francilienne. Pour ceux qui auraient encore vraiment très faim, on y trouvera également des doughnuts Boneshaker Doughnuts (notamment en version bacon – sirop d’érable).

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La maison de la poutine, Paris 2ème ©Morgane Chaumont

Alors avant de vous plonger sans réfléchir dans le fromage fondu, voici d’abord quelques règles pour ne pas vous y noyer…

1. Miser sur du classique

La poutine qui serait un dérivé du mot anglais pudding désigne aussi un mélange un peu hétéroclite, pas très ragoutant. Vous pouvez, par exemple, dire « mais qu’est-ce-que c’est que c’est que cette maudite poutine là ? » quand votre copain vient de mélanger des pâtes trop cuites à du thon à du maïs, à du St Moret et à du persil. Pas étonnant alors que les restaurateurs soient tentés de prendre quelques libertés avec la recette de la poutine traditionnelle.

Au restaurant  La Banquise à Montréal, temple de la poutine ouvert 24h sur 24, on propose plus de 30 sortes de poutines. On retrouve par exemple la galvaude : poutine à laquelle on rajoute du poulet et des pois, la boogaloo (porc effiloché, salade de chou crémeuse et crème sure), la t-rex (steak haché, pepperoni, bacon et saucisse hot dog) ou encore la kamikaze (saucisses merguez, piments forts et tabasco.)
Malgré la tentation mieux vaut pour le novice éviter de céder à ces promesses de gras et d’aventures, en misant sur la classique. Avec quand même quelques exigences : 1. Des frites croustillantes 2. Une sauce brune pas trop épaisse et 3. un fromage en grains qui fait couik couik.

2. Entendre le fromage en crottes faire couik couik 

Geneviève Vézina-Montplaisir, journaliste gastronomique québécoise explique : « dans la vraie poutine le fromage en grain (cheddar frais appelé aussi fromage en crotte) doit faire couik couik quand on le croque. Croquez et écoutez ! » En s’écoutant mâcher, on entend effectivement bien ce couik, signe que le fromage est bon. Pour vous donner une idée c’est un peu le bruit que l’on fait lorsque l’on mâche un vieil élastique en caoutchouc qui retient les cartes d’un paquet de tarot, (si si, ça arrive.)

Voici maintenant l’ultime recommandation : si la poutine se déguste à toutes heures, elle est encore meilleure quand vous êtes : bourrés.

3. Être bourré comme un coing.

Tous les québécois que vous croiserez vous l’expliqueront : la poutine a des vertus thérapeutiques : elle éponge l’alcool.

« On mange souvent la poutine après une soirée bien arrosée » explique Vincent Fortier journaliste au magazine gastronomique Caribou « il n’est pas rare le samedi à 3 heures du matin par -20° de voir une longue file devant la banquise de noctambules attendant leur poutine !». «La poutine tapisse un peu l’estomac et permet d’éviter la gueule de bois » rajoute Geneviève.

Vous avez maintenant toutes les clefs en main pour profiter de ce plat, mais on vous aura prévenu : n’est pas québécois qui veut et se goinfrer de fromages fondus nécessite un estomac de fer, un moral d’acier et un amour immodéré pour le (bon) gras.

Où manger de la poutine à Paris ?
Le Triangle, 13 rue Jacques Louvel Tessier, 75010 Paris
La Maison de la poutine, 11 rue Mandar 75002 Paris

À propos Zazie Tavitian

Mange, écrit, écrit sur ce qu’elle mange, sur ce que les autres mangent, sur comment ils le font quand où pourquoi, comment, avec qui. Elle aime : les rades crados mais regrette qu’on n’y serve pas de vins nature, les bistrots populaires avec des plats du jour à moins de 15€ et les bars à cocktails à condition qu’on y serve du mezcal. Ne voyage que dans les pays où l’on mange bien, avec une grosse prédilection pour l’Italie. Passée par France Inter, Le fooding, Les Inrocks, Europe 1, Omnivore & Time Out. Vous pouvez retrouver tout le contenu de son estomac sur son instagram @zaziemiammiam

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