Ici Paris

Des isos dans le métro : tribulations d’un photographe parisien

photographe, photo, métro, Parisiens, clichés, expo

« Si tu veux connaître la diversité de la population d’une ville, va dans son métro. » Durant l’hiver 2014, le photographe Vincent Pflieger a passé la majeure partie de son temps dans les transports en commun. C’est donc tout naturellement qu’il s’intéresse alors au métropolitain, face cachée et souterraine de Paris, pour réaliser ses premières séries argentiques. Aujourd’hui, il confie à Saumon certaines de ces photos, qu’il expose en ce moment à New York.

Armé de l’appareil de son père, un Yashica FX-D, mais aussi d’un Minolta XG-1 et de pellicule Kodak T-Max, Vincent va passer six longs mois à scruter les passants comme un entomologiste, traquant le sel de la banalité là où d’autres ne rêvent que d’exotisme confortable. « C’est un des rares endroits dans la fourmilière de la ville où des inconnus s’assoient côte à côte et prennent le temps de regarder autour d’eux quand ils ne sont pas dans leur bulle », justifie-t-il. Prendre le métro, c’est affronter l’ennui, tenter de tuer le temps entre un point de départ et un point d’arrivée (métaphore mécanique de la vie ?), rentabiliser ce moment de capture entre quatre murs d’un wagon. Il y a ceux qui lisent, comme cet homme absorbé par son exemplaire de Génération supporter, ceux qui discutent, ceux qui piquent un roupillon la bouche ouverte, ceux qui rêvassent en regardant par la fenêtre, à l’image de cette femme tenant son enfant dans le RER.

F1000n014-2-2
« J’essaye de capturer ce personnage sans être repéré et je l’ajoute à mon bestiaire »

« La première chose que je fais lorsque je rentre dans une rame est de contempler tout ce petit monde qui m’entoure. C’est un spectacle infini de la vie dont je ne me suis jamais lassé, où les suppositions peuvent germés de ton imagination. » Le photographe aussi rêvasse : ces gens qui discutent, « sont-ils parents, associés, amis ou amants ? » Vincent Pflieger ne cherche pas le cliché qui détone par son exubérance, au contraire, il s’attache aux saynètes les plus communes, les seules qui révèlent la vérité d’une époque et qui échappent pourtant à notre attention à cause de leur quotidienneté. « Lorsque je trouve quelqu’un d’intéressant à mes yeux, confie Vincent, j’essaye de capturer ce personnage sans être repéré et je l’ajoute à mon bestiaire souterrain. Une méthode bien différente de celle que j’ai pu ensuite pratiquer dans la photographie documentaire. »

Pas de voyeurisme cependant dans la méthode du jeune photographe, plutôt un faire-voir. Comme lorsqu’il met en lumière les couloirs froids du métro et les sans domicile fixe qui les habitent. Qu’ils soient itinérants, comme ce vieil homme à casquette qui fait la manche avec une pancarte bavarde, ou qu’ils soient sédentaires à la manière de cette femme voilée à la main tendue, tous luttent pour ne pas faire partie du paysage mais s’en détacher légèrement, s’extirper tel un haut-relief du bloc monolithique auquel notre regard les assigne irrémédiablement. Avec ces photos, Vincent Pflieger les aide un peu.

Le lien de l’événement Facebook de l’exposition « A Tale Of Two Cities » à New York.

F1000015278700311420000827870008F1000009-2 - copieF1000004-2F1000014

Râleur professionnel, ce en quoi il épouse parfaitement son biotope parisien, Emmanuel déteste lorsqu'un Vélib' est coincé sur la plus petite vitesse ou quand le facteur laisse un avis de passage alors qu'il était chez lui. Comme le médecin, il est généraliste, écrivant autant sur la remasterisation CD de l'intégrale de Françoise Hardy que sur la définition introuvable de la vraie bière artisanale. Fan de Javier Pastore et de Marcel Proust, il joint la beauferie à la pédanterie, ce qui lui vaut de déranger dans le microcosme des amateurs de héros malades.

0 comments on “Des isos dans le métro : tribulations d’un photographe parisien

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :