Culture

Enfin un Printemps de la danse arabe à Paris !

Du 18 avril au 23 juin, quatre lieux culturels se joignent à l’Institut du Monde Arabe pour célébrer l’édition zéro du Printemps de la danse arabe

Du 18 avril au 23 juin, quatre lieux culturels se joignent à l’Institut du Monde Arabe pour célébrer l’édition zéro du Printemps de la danse arabe. Un festival qui s’engage non seulement dans un programmation éclectique et politique mais propose également des espaces d’analyse et de discussion autour de différentes thématiques. Nous étions à la soirée de lancement où le chorégraphe et danseur Libanais Alexandre Paulikevitch (re)présentait son spectacle « Tajwal ».

Il y a toujours quelque chose d’émouvant à voir un spectacle pour la première fois. Encore plus lorsque celui-ci vous a été raconté et que l’on s’en est longuement voulu de l’avoir raté. Après de nombreux extraits vidéo de danses orientales, Alexandre Paulikevitch entre en scène, entièrement nu, sa chevelure bouclée flottant dans l’air, perché sur des talons. Sa démarche étirée et souple flirte avec le voguing et la lumière diffuse épouse les angles de son corps. Pour Alexandre Paulikevitch, danseur de Baladi (danse orientale égyptienne) au Liban, le geste est éminemment politique.

Tajwal © Caroline Tabet 4
C’est en revendant l’argent de sa voiture que le chorégraphe a pu financer son spectacle, et c’est en marchant dans la rue qu’il l’a écrit. En témoignent les paroles homophobes qui égrènent le premier tableau de ce triptyque. Malgré l’hostilité de l’espace urbain, malgré les insultes et le danger réel, le danseur continue de se mouvoir. Et alors que l’on s’attendait à une libération du corps et des dogmes, c’est une toute autre histoire qui se dessine. Comme un araignée prise dans sa toile, le danseur s’emprisonne dans le lycra, le corps lutte et les muscles se contractent jusqu’à disparaître dans l’obscurité. L’image est violente mais elle n’est pas dénuée d’espoir. Emprisonné, le danseur vibre encore et lorsque la lumière se rallume et qu’il s’extrait de la chrysalide, on ne voit plus que son sourire éclatant.

Avec précision, Alexandre Paulikevitch dessine une danse orientale loin de la parade qui alimente les clichés occidentaux. Une chorégraphie tendue sur des sons industriels où le corps est montré et enfoui, étiré et contenu. Une superbe spectacle aux coins saillants.

Si vous avez manqué Tajwal, voici quelques événements du Printemps de la danse arabe recommandés par Saumon :

Le corps libre et entravé, table ronde à la Bibliothèque de l’IMA
La création chorégraphique dans le monde arabe suivi de Je danserai malgré tout ! de Blandine Delcroix mardi 12 juin à 19h au CND – Pantin
Wild cat de Saïdo Lehlouh les 2,3 et 8 juin au Festival June events / Atelier de Paris

Infos pratiques :

Le Printemps de la danse arabe du 18 avril au 23 juin 2018, à l‘Institut du monde arabe, au Théâtre de Chaillot, au CND et à l’Atelier Paris pendant June events. 

À propos Elsa Pereira

Féminisme, intersectionnalité et théorie du genre… Rien ne l’énerve plus que le manspreading dans le métro. Elsa a beau s’intéresser aux questions qui traversent nos vies numériques, du DIY à la Slow life, elle reste très attachée au 6ème art aussi appelé les arts de la scène. Elle clame d’ailleurs avoir vu plus de 385 pièces lorsqu’elle était chez Time Out Paris et promet ne s’être jamais endormie.

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