BBC AMERICA série Killing Eve
Culture

Stop ou encore : Killing Eve

L’histoire délirante d’une tueuse à gages recherchée par une espionne en herbe.

Dans Stop ou encore, on juge une série à son pilote. Pas question de se mater tous les épisodes de quatre saisons pendant deux semaines pour se faire un avis, un seul épisode suffit. 

On ne va pas vous mentir : avant même de commencer le premier épisode de Killing Eve on était déjà fan. Il faut dire que la série réunit deux de nos icônes devant l’éternel, la géniale Phoebe Waller-Bridge derrière la caméra et l’inoubliable Sandra Oh (Christina Yang dans Grey’s Anatomy) dans le rôle-titre.

Diffusée en avril dernier sur BBC America, Killing Eve s’inspire très librement du livre Codename Villanelle de Luke Jennings. L’histoire d’une tueuse à gages (Jodie Comer) recherchée par une espionne en herbe (Sandra Oh) du MI5. Contre de belles liasses de billets, Villanelle (un mélange entre Dexter et la laitière de Jan Van der Meer) se déplace dans toute l’Europe pour sectionner les artères de mecs louches. Des meurtres qui viennent rapidement inquiéter une cellule des services secrets anglais dont fait partie l’enquêtrice et future espionne Eve Polastri (Sandra Oh). Jusqu’ici rien de bien neuf à l’horizon sauf que contrairement à bien des séries, le duo est 100% féminin et très loin des clichés de genre. Les victimes sont – en tout cas dans ce premier épisode – des hommes d’âge mûrs et le bourreau une jolie blonde impassible.

Killing Eve est-elle une série féministe pour autant ? Oh oui. Et pas seulement parce qu’elle offre à deux actrices des rôles généralement écrits pour des hommes (on pense notamment à l’excellent Mindhunter) mais parce qu’elle est ponctuée de petites répliques cinglantes. « Vous devriez demander la permission avant de toucher quelqu’un » lance la tueuse à une de ses victimes libidineuses avant de lui enfoncer une seringue dans le blanc de l’œil. Oui, c’est parfois un peu gore, mais comme comme dans un téléfilm érotique de M6, on ne voit rien.
N’imaginez pas que la série nous plaît uniquement parce qu’elle répond aux critères de l’ère post #Metoo, elle est aussi particulièrement bien écrite, un peu bizarre et très drôle. Elle offre surtout deux personnages féminins à la psychologie complexe qui s’affranchissent chacune d’elle et à leur manière des normes sociétales. Pourtant, Phoebe Waller-Bridge n’inscrit pas sa série dans une dichotomie hommes/femmes linéaire, les hommes de Killing Eve ne sont pas tous des DSK en puissance.  Elle bascule ses personnages dans un nouveau monde où l’on exécute sans ciller les moindres relents de misogynie et de sexisme. Mais avec finesse, à la pointe de l’épée.

Pronostics :
Eve et Villanelle coucheront-elles ensemble ? 0% de chance mais 100% d’espérance.
Villanelle réussira-t-elle à se faire sa petite soirée ciné  ? 1 chance sur 7. Nos bookmakers sont au taquet.
Villanelle est-il son vrai prénom ? 0% non, personne n’y croit.

On regarde l’épisode 2 ? 
check.pngOh oui oh oui, et on attend la saison 2 prévue pour 2019 avec impatience.

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À propos Elsa Pereira

Féminisme, intersectionnalité et théorie du genre… Rien ne l’énerve plus que le manspreading dans le métro. Elsa a beau s’intéresser aux questions qui traversent nos vies numériques, du DIY à la Slow life, elle reste très attachée au 6ème art aussi appelé les arts de la scène. Elle clame d’ailleurs avoir vu plus de 385 pièces lorsqu’elle était chez Time Out Paris et promet ne s’être jamais endormie.

1 comment on “Stop ou encore : Killing Eve

  1. Ça donne envie d’essayer

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