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La Route du Rock : une bonne raison de quitter Paris en août

Tous les mois, notre chroniqueuse de choc Jenny Stampa, nous parle d’une de ses lubies culinaire, musicale ou culturelle. Aujourd’hui elle nous parle de sa passion pour la route du rock.

La Route du Rock de Saint-Malo, c’est un peu mon pèlerinage à moi. Je ne me pose jamais la question d’une année sur l’autre, je sais que j’y serai. On peut me proposer n’importe quoi, mariage, enterrement, déménagement, le week-end du 15 août, je répondrai toujours aux abonnés absents. Pourquoi me direz-vous, alors qu’à Paname je peux assister à presque tous les concerts qui me chantent, pourquoi me casser les pieds à traîner chaque année dans la poussière (ou la boue) pour quelques concerts dans un vieux fort tout pété ?

Premièrement, et c’est ce qui m’a poussé à prendre ma Twingo essence il y a dix ans pour me rendre à Saint-Malo, parce que la programmation est folle, axée sur la musique indépendante, et que le site de Fort Saint-Père, planté dans la nature, sert souvent d’unique passage à certains groupes et artistes. Un constat qu’il faut vraiment souligner, car malheureusement il devient de plus en plus rare. De nombreux festivals et programmateurs (on pense à La Villette Sonique et tant d’autres) font les frais de line-up mimétiques, originaux comme un « Despacito » de fin de soirée. Bon, ok, on ne peut pas dire que cette 28e édition soit la seule date d’Etienne Daho, loin de là… mais pour le Rennais tombé pour la France, on ferme les yeux (bisou Etienne).

Soyons clairs, il existe un deuxièmement, un troisièmement, un quatrièmement et tout ça. Posez-moi au stand Jack Daniels dès le premier soir et je vous fais une disserte sur la Route du Rock année après année. Alors voici pêle-mêle mes raisons qui peut-être vous séduiront et vous inciteront à bouger au meilleur festival de l’été. Allez, soyons fous, au meilleur festival du monde !

Si on excepte le fait que le programmateur Alban Coutoux pompe littéralement mon iPod chaque année (si, si, je sais que c’est vrai), c’est l’occasion de retrouver des potes disséminés au quatre coin de la France (ou de la planète) et de m’en faire de nouveaux dans la queue des toilettes, dans la queue du bar, dans la queue des douches, dans la queue leu-leu… Faut bien avouer aussi que c’est un super spot de chope (si ça peut en motiver certains) : les autocollants des Gérards facilitent souvent le premier contact et je ne compte plus les couples qui s’y sont formés, l’un y fêtera son premier anniversaire, l’autre va se marier l’été prochain… Et moi ? Pareil. Pas pour le mariage hein, pour la première pelle à mon amoureux.

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Pour finir, je n’ai que de bons souvenirs de ces trois jours de festival, les concerts, la plage, les potes et le soleil. Si j’en ai des mauvais, ils ont été écrasés et effacés par les bons. Et puis Saint-Malo en été, c’est une véritable pub pour la Bretagne, des huîtres à Cancale juste en face, des moules sous les remparts, le chemin de gravier qui crisse sous nos pieds et le son des basses à l’arrivée qui fait palpiter nos cœurs. Oui, honnêtement la Route du Rock ressemble à un chouette retour au bercail (ok j’avoue, je suis bretonne). Un retour heureux, douloureux parfois (mes pires gueules de bois viennent de là-bas), ou amnésique, mais j’y ai surtout vécu mes plus forts coups de cœurs. Donc voilà ma déclaration d’amour à toi, RdR <3, avant qu’on découvre ensemble ta programmation.

Ma programmation idéale

Une année de plus à la Route du Rock, c’est quelques points de vie en moins, quelques rides en plus, et de nouveaux choix très sérieux à opérer : on retente le camping ou pas ? Car après trois années de soleil et selon les calculs très pointus de notre pote Alex, la pluie devrait revenir pour cette 28e édition. Bon, franchement, vu la chaleur actuelle, on y croit moyen.

Pendant que le spectre tout confort d’AirBnb rôde encore dans notre esprit, on jette un œil à la programmation qui, une fois de plus, est particulièrement alléchante. Des journées aux petits oignons concoctées par les programmateurs, à base de Patti Smith, d’Etienne Daho, de Brian Jonestown Massacre, et agrémentées de Protomartyr ou de Black Angels, raviront nos oreilles et nos petits cœurs pendant les 4 jours que durent notre festival favori. Comme l’an passé, il faudra jongler entre la Nouvelle Vague (le jeudi), la scène Arte et la scène de la Plage (les après-midi) et les deux scènes que comptent le Fort Saint-Père, avec l’aide des navettes mises à dispositions ou des amis qui ne boivent pas. Ouais. Ce sera donc la navette. Car après avoir bien mijoté pendant 365 jours, on sera fin prêt pour s’enjailler du 16 au 19 août avec nos potes de beuverie en musique.

Jeudi 16 août 

Alors non, ce n’est pas parce que Marlon Williams porte un merveilleux maillot d’OKC dans son clip « Come to me » qu’on ira l’écouter à la Nouvelle Vague, mais bien parce que sa voix délicate nous a séduite dès la première note. Dans un tout autre style, on sautillera sur la pop excentrique et plein d’urgence d’Ezra Furman puis on planera au son du shoegaze noir et onirique de The KVB.

Vendredi 17 août 

Le vendredi, après avoir balancé notre tente deux secondes près de nos potes (oui, on aura craqué), on sera tous frétillants comme de petits saumons remontant une rivière, prêts à se frotter au merveilleux Villejuif Underground prévu pour démarrer les hostilités. Puis, dans l’ordre, on ondulera sur le rock psyché de The Limiñanas, sur les mélodies tirées à quatre épingles de Grizzly Bear et on s’excitera avec les Anglais survoltés de Shame. Suivra l’éternel jeune homme moderne pour qui le mot « suave » a presque été inventé : Etienne Daho. Pour finir la soirée, du psyché, du bon, du vrai avec The Black Angels suivis de The Brian Jonestown Massacre (ni plus ni moins le meilleur groupe du monde) et les entêtants chiliens de Föllakzoid.

Samedi 18 Août 

Lendemain du vendredi donc, premier soir où l’on se promet chaque année d’y aller mollo, eh bien… On ne va pas se mentir, on sera dans le dur. Du coup, on ira manger des moules comme chaque deuxième jour de chaque année de Route du Rock, en avalant un salvateur doliprane avec notre eau pétillante. Puis, on se dirigera tranquillement (en même temps, en navette, ce sera forcément tranquille) vers la scène du Fort Saint-Père pour découvrir les mélodies sixties de Cut Worms. suivi du légendaire chanteur texan Josh T. Pearson. Puis John Maus viendra allumer la Route du Rock avec ses mélodies synth-pop hallucinées, il chauffera la scène pour la papesse de la musique rock, icône vivante du New-York des années 70, Patti Smith. A suivre, l’inclassable Ariel Pink, ses mélodies foutraques et bariolées, les compositions minimalistes de Nils Frahm, l’électro de la berlinoise Ellen Allien et de la new-yorkaise Veronica Vasicka.

Dimanche 19 Août

C’est la fin des haricots. On suppliera nos potes de prendre une douche dans leur Airbnb qui sent bon et qui est propre. Et puis, on puisera dans nos dernières ressources pour aborder la soirée avec King Tuff, suivi du rock arraché de Protomartyr et des chansons susurrées et bien foutues de Charlotte Gainsbourg. Après quoi on ira boire des bières pendant le passage du collectif de pop chewing-gum Superorganism, et on reviendra faire un coucou aux Versaillais de Phoenix et aux frangins glamrock de The Lemon Twigs. Enfin, on finira cette édition TRÈS ensoleillée (on se conditionne) par l’ultra dansante électro-soul de Jungle et le DJ Set électrisant de The Black Madonna.

Les après-midi playa de la scène de la plage à Saint-Malo

Vendredi, en bikini et slip de bain, il faudra compter avec la pop cheesy française de ChevalRex, samedi, avec les digressions de Marc Mélia au synthétiseur, et dimanche, on s’emballera pour nos chouchous de Born Bad Records, Forever Pavot. Enfin, sur la plage chaque jour, on aura le plaisir d’écouter les sélections pointues de Topper Harley.

Etienne Daho, Patti Smith, Phoenix, Nils Frahm, Grizzly Bear, Brian Jonestown Massacre, Ariel Pink, John Maus, Charlotte Gainsbourg, Jungle, The Black Angels, Ellen Allien, The black Madonna, The Liminanas, Josh t pearson, King thuff, The Kvb, the Lemon Twigs, Forevert Pavot…

Trois jours / 109€

À propos jennystampa

Jenny aime les concerts qui commencent en retard, les bières locales qu'on trouve miraculeusement à la pression, les expos gargantuesques qui la nourrissent d'art. Elle aime les gens qui parlent avec passion et font des digressions, les restos qui ont un zinc et du caractère, les fleuristes et les disquaires. Elle déteste les gens qui ne se lavent pas les mains en sortant des toilettes, ceux qui parlent fort ou qui empestent le parfum. Elle voyage beaucoup, partout, goûte à tout, prend des photos surtout... et rentre chez elle, à Paris, le cœur léger, parce qu'elle habite tout simplement la plus belle ville du monde.

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