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5 livres pour comprendre… la représentation des femmes

Pour cette première édition, la journaliste Jennifer Padjemi, vient nous éclairer grâce à ses cinq livres préférés pour comprendre "les représentations, la beauté, le corps et les normes portés par la médias, la société ou le regard des autres."

Chez Saumon, on aime bien bouquiner pour briller en société faire le tour d’un sujet, mais nous sommes cependant suffisamment modestes pour avouer que nous ne sommes pas toujours les plus renseignés dans des domaines aussi spécifiques et variés que la gastronomie russe, la théorie de l’effondrement, ou la théorie des cordes. Pour notre nouvelle série, « 5 livres pour comprendre », nous demandons deux fois par mois à un expert de nous conseiller cinq ouvrages majeurs dans son domaine.

Pour cette première édition, la journaliste Jennifer Padjemi, vient nous éclairer grâce à ses cinq livres préférés pour comprendre « les représentations, la beauté, le corps et les normes portés par la médias, la société ou le regard des autres. » Des thèmes qu’elle explore avec brio dans son nouveau podcast Miroir miroir produit par Binge Audio, ou encore dans les colonnes des différents journaux auxquels elles contribue comme Glamour, Stylist ou Jalouse.

On ne naît pas grosse – Gabrielle Deydier, Editions de la Goutte d’or on ne nait .jpg

« Le livre qui a inspiré le premier épisode du podcast. Dans cet essai journalistique, Gabrielle Deydier nous fait part de l’expérience d’être gros-sse, démontrant par la même occasion que c’est aussi bien une construction sociale, qu’une simple histoire de gras. C’est aussi des chiffres et des expériences concrètes dans le milieu hospitalier, dans le monde du travail, mais aussi dans sa vie personnelle, amoureuse par exemple. A mettre en écho avec Hunger, l’ouvrage de Roxane Gay qui raconte sensiblement la même chose, avec une honnêteté jusque-là jamais vue. »

Beauté Fatale – Mona Chollet, Éditions La Découverte

la decouverte« Beauté Fatale de Mona Chollet, que j’ai eu la chance de recevoir pour le deuxième épisode, est un ouvrage essentiel, car inédit en France. Ecrit en 2012, à un moment où le sujet de la représentation comptait beaucoup moins qu’aujourd’hui, la journaliste du Monde Diplo et auteure de Sorcières, remet dans un contexte moderne l’univers de la beauté, ou comment on a construit des idéaux basés principalement sur un asservissement des femmes. Dans la lignée de The Beauty Myth de Naomi Wolf, l’un des fameux ouvrages qui a initié le genre. »

Americanah – Chimamanda Ngozi Adiche, Collection Du monde entier, Gallimard 

americanah« Si le récit d’Americanah n’est pas à proprement parler au sujet des cheveux afro, il en question tout le long. Abordé de manière subtile et presque autobiographique, Chimamanda Ngozi Adichie arrive à exprimer l’importance du cheveu, des cheveux, chez les femmes noires et comment ce rapport peut être complexe, mais surtout l’illustration d’une condition dans laquelle la société occidentale a voulu nous enfermer. On se souvient alors de cette fameuse phrase écrite par Ifemelu dans un post de blog, où elle explique que Barack Obama n’aurait jamais été élu si Michelle Obama, sa femme, avait porté ses cheveux naturels. Un rappel qui souligne à quel point le cheveu afro est politique et un sujet qu’on évoquera forcément dans Miroir Miroir. »

Too Fat, Too Slutty, Too Loud : The Rise and Reign of the Unruly Woman, de la journaliste américaine Ann Helen Petersen, Hardcover 

51CNC2RLYGL._SX340_BO1,204,203,200_« Dans cet ouvrage (en anglais), Anne Helen Petersen revient sur ces femmes qu’on a voulu faire taire car trop grosses, trop salopes, ou trop grande gueules. Dans la question de la représentation, ce n’est pas qu’une question de physique ou d’apparence, mais c’est surtout la manière dont on s’en sert pour classifier les gens, et principalement les femmes. Celles qui ne rentrent pas dans des standards “classiques” sont crucifiées au bûcher et cataloguées comme “toujours trop” ou “jamais assez”. On parle notamment de Serena Williams, de Kim Kardashian ou encore de Nicki Minaj, pour ne citer qu’elles. »

King Kong Théorie – Virginie Despentes, Éditions Grasset 

919sXmefD7L.jpg« Si Virginie Despentes me lit sur Saumon (sait-on jamais), il faut qu’elle sache que mon rêve absolu est de l’inviter dans Miroir Miroir et d’évoquer avec elle cette autre représentation des femmes qu’elle a pu permettre. King Kong théorie parle de porno, de prostitution et de domination masculine, avec un fil conducteur tout le long qui est la manière dont les femmes se plient et se rétrécissent pour le regard masculin. C’est d’ailleurs l’une des rares à l’époque à évoquer les femmes noires, les incluant dans son discours libérateur. Je finirai juste par cette phrase reprise et reprise à raison, qui résume tout : «J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf.» » 

Où acheter ces livres ?

« C’est dur de ne choisir que deux librairies, mais j’adore WHSmith qui me permet d’acheter pas mal d’ouvrages anglophones avant d’avoir l’occasion de les acheter sur place (aux US et en Angleterre), mais aussi des magazines d’éditions internationales et en bonus de boire du très bon thé anglais à l’étage dans un salon hyper cosy qui me fait croire en plein Londres.

Et sinon, mon endroit préféré à Paris est Berkeley Books of Paris, qui est une librairie de livres anglophones vintage, tenue par Phyllis, la plus charmante des Américaines à Paris. Je ne pourrai l’expliquer, mais non seulement je ressors toujours avec des classiques à connaître qui cachent une histoire formidable (Phyllis est une encyclopédie à elle toute seule), mais il se passe aussi toujours quelque chose de magique. Mais pour que la magie opère, il faut venir avec les meilleures intentions, car Phyllis sait repérer les touristes et les instagrameurs en puissance, venus uniquement pour photographier l’endroit – qui soit dit entre nous est très instagramable !  »

WHSmith , 248 Rue de Rivoli, 75001 Paris
Berkeley Books of Paris, 8 Rue Casimir Delavigne, 75006 Paris

À propos Zazie Tavitian

Mange, écrit, écrit sur ce qu’elle mange, sur ce que les autres mangent, sur comment ils le font quand où pourquoi, comment, avec qui. Elle aime : les rades crados mais regrette qu’on n’y serve pas de vins nature, les bistrots populaires avec des plats du jour à moins de 15€ et les bars à cocktails à condition qu’on y serve du mezcal. Ne voyage que dans les pays où l’on mange bien, avec une grosse prédilection pour l’Italie. Passée par France Inter, Le fooding, Les Inrocks, Europe 1, Omnivore & Time Out. Vous pouvez retrouver tout le contenu de son estomac sur son instagram @zaziemiammiam

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