Rive gauche Paris 15ème
Pamphlet reportage

Vous n’aimez pas le 15e arrondissement ? Vous n’avez rien compris

Le 15ème, c’est loin, c’est  moche, y’a rien, à part des vieux, des riches, et des vieux riches. Enfin c’est ce qu’on dit.

Le 15e, c’est loin, c’est  moche, y’a rien, à part des vieux, des riches, et des vieux riches. Enfin c’est ce qu’on dit. Le 15e, c’est l’arrondissement que tout le monde adore détester, parce qu’il a le malheur de se trouver rive gauche, d’héberger une partie de la ligne 10, et de se trouver en bordure de Paris, mais c’est aussi le plus grand et le plus peuplé de Paris et finalement il y a peut-être une raison à ça.

Comme ce que je préfère au monde, c’est qu’on me prouve que j’ai tort, j’ai décidé de m’aventurer dans le 15e pour voir si tout ce qu’on dit est vrai. Spoiler alert : non. Ce n’est pas un arrondissement nul, et il n’y a pas rien. La preuve par trois.

Le drapeau de la fidélité paris 15
© AD

On mange très bien, et pas forcément très cher

Premier arrêt au Drapeau de la Fidélité, surnommé par les intimes (dont je fais partie maintenant), chez Quan. Quan, c’est un ancien professeur de philosophie vietnamien, qui a ouvert ce bistrot-troquet-bar dans une rue déserte. Chez lui, tout est en bois, tout est petit, étriqué, les étagères croulent sous les livres et les murs sont tapissés de photos des clients, d’affiches et de posters. Ici, la bière est à 3 euros, et il propose plusieurs plats à mi-chemin entre le Vietnam et la France. Par exemple : du porc caramel, un bo bun, un pho, ou encore des nems, les meilleurs que j’ai mangés à Paris. Aucun des plats n’excède 8 euros. Alors certes, le bobun est constitué de nouilles au boeuf haché avec des bouts de nems et le porc caramel est trop salé, mais c’est bon, pas cher, et l’ambiance du lieu est incomparable. Mention spéciale pour la musique des toilettes qui se met en route quand on allume la lumière, pour faire pipi en symphonie.

Qui ? Chez Quan
Où ? 21 rue Copreaux

Deuxième arrêt chez Ji Bai He, un restaurant chinois rue Olivier de Serres, autrement dit le trou de la terre. Ji Bai He, c’est l’équivalent rive gauche de nos Raviolis du Nord Est : des raviolis chinois par milliers, très bons, dans un décor pas très beau, le tout pour pas très cher.

Qui ? Ji Bai He
Où ?
108 rue Olivier de Serres, 15e

Troisième arrêt chez Guillaume Grasso, qui a la réputation (comme la moitié des pizzerias de Paris) de faire les meilleures pizzas de Paris. En tout cas, qui se targue de proposer une véritable pizza napolitaine. On serait tenté de ne pas le croire, mais sa famille a ouvert en 1916 une pizzeria à Naples qui servait des pizzas “authentiques”. Les antipasti, de 5 à 9€, font saliver : courgettes et aubergines grillées, artichauts, mozzarella, speck… Les pizzas vont de 6 à 20€ (pour les pizzas d’auteur). Des pizzas légères et super bonnes, qu’on peut choisir aux artichauts, au speck, à la bufala, à la ricotta… Tous les produits sont frais, tout est fait sur place. Bref, il n’y a pas que Big Mamma dans la vie, il y a aussi Guillaume Grasso.

Qui ? Guillaume Grasso
Où ? 45 rue Brancion, 15e

Quatrième et dernier arrêt chez Tang Frère, et là je suis sûre que je vous en bouche un coin. Cette chaîne de supermarchés a été créée en 1976 par trois frères chinois du Laos, et le premier a ouvert à Place d’Italie. Vous connaissez peut-être Tang Gourmet, la version fast-food du supermarché, qui fait de délicieux banh-mi et autres sandwichs laotiens. Après deux adresses à Place d’Italie donc, et à Belleville, les Frères Tang nous ont fait le plaisir de s’installer dans le 15e.

Il y aussi le restaurant IDA, du chef Denny Imbroisi, qui prépare une cuisine italienne légère et raffinée; la crêperie contemporaine 142, tout près de Beaugrenelle, ou encore chez Ttotté, un petit restaurant de spécialités basques.

Et ce n’est pas tout : La vie de quartier est loin d’être morte

J’ai beau être vingtenaire, complètement bobo et est-parisienne à 600%, j’ai ce côté mamie qui me fait aimer les endroits où subsiste une vie de quartier, avec un boucher, un primeur, une bonne boulangerie… Et c’est le cas du 15e arrondissement. Près de la rue de Vaugirard (la plus longue de Paris soit dit en passant), on trouve aussi bien des bons sandwichs dans des bonnes boulangeries (Laurent Duchêne, Des Gâteaux et du Pain, ou encore la pâtisserie de Pierre Hermé), que des bons traiteurs italiens, ou des bonnes crèmeries… Il y a aussi des tas de supermarchés, dont les prix ne m’ont pas paru plus élevés qu’ailleurs, et des parcs, notamment le parc Javel-André Citroën. Non content d’être agréable et parfait pour des piques-niques en été, il accueille souvent des événements assez sympa (évidemment le premier qui me vient à l’esprit était un festival de street-food il y a un an ou deux) et surtout le fameux ballon à gaz qui monte jusqu’à 150 mètres.

la petite couronne sud

Il y a aussi le parc Georges Brassens, qui ne m’intéresserait pas plus que ça si on y trouvait pas 700 pieds de vignes de pinot noir et des ruches ouvertes au public. Vive le vin et le miel parisiens.

Donc c’est vraiment sympa pour les familles, qui elles aussi aiment bien sortir, manger, se promener et boire des coups. En parlant de boire des coups, si le prix moyen des consommation est effectivement plus élevé qu’ailleurs, beaucoup de bars font des happy hours comme dans le reste de la capitale, comme chez Quan où la bouteille de bière est à 3€ ou chez Dupont où la pinte est à 5€ jusqu’à 21h.

On trouve aussi l’été, plein de terrasses et de guinguettes sympa sur les bords de Seine : La Javelle, La Guinguette des bords de Seine, le Jardin Suspendu… Il y a juste moins de monde qu’à Quai de la Râpée.

Enfin, on peut aussi se balader sur les 1,3 km de Petite Ceinture qui ont été réhabilités, et qui sont accessibles en ascenseur. C’est moins rebelle qu’il y a dix ans, mais ça reste très sympa.

C’est pas si loin que ça. Même le métro y va.

L’arrondissement est desservi par la 12, qui est quand même la ligne qui passe par Concorde, Pigalle, St-Lazare, et Montparnasse, donc à partir du moment où on est dans le métro on est à maximum 20 minutes de Vaugirard. C’est également desservi par la 6, qui passe par Bercy, Nation et Etoile. Ou encore la 8, qui passe par Bastille, République, et Opéra. Là, plus d’excuse. Enfin, c’est desservi par la 10, mais ça je préfère ne pas en parler, l’idée étant de vous donner envie d’aller dans le 15e, pas de vous en dégoûter.

Et si jamais vraiment, le reste de Paris vous manque trop, il y a toujours l’option de grimper en haut de la tour Montparnasse et d’envoyer des bisous au 11e.

À propos adacdeschanel

Lassée des open-spaces, des start-ups, des team buildings, et surtout des mots en anglais au travail, Ada a tout plaqué pour se consacrer à la bonne gouaille, sous toutes ses formes. Quand elle n’est pas en train de manger, elle cuisine, lit des livres de recettes, fait du stylisme culinaire ou traîne au rayon cuisine des librairies. Elle écume les restos parisiens, surtout le midi parce que c’est moins cher, mais aussi les pâtisseries, les boulangeries, les bistros, les bouillons et les troquets. Sa passion : commander des trucs qu’elle n’aime pas. Elle aime être surprise, être déçue, être contente, et taper très fort les touches de son clavier quand elle écrit un article pour raconter ses aventures culinaires.

0 comments on “Vous n’aimez pas le 15e arrondissement ? Vous n’avez rien compris

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :